10 questions au Docteur Christian DE GREEF

 

Dix questions au Docteur Christian DE GREEF

Luxembourg

 

1/ Que pensez-vous de l’intérêt d’une reconstruction mammaire pour la patiente ?

La reconstruction est indispensable pour recouvrer un schéma corporel et mieux affronter moralement la maladie

2/ Pourquoi vous êtes-vous intéressé(e) à cette méthode de reconstruction qu’est le D.I.E.P.? Depuis quand pratiquez-vous le D.I.E.P. ?

Depuis 10 ans. J’ai toujours réalisé de l’oncoplastique (NDLR : chirurgie plastique oncologique) et de la microchirurgie. Le DIEP marie ces deux aspects.

3/ Pourquoi cette méthode est-elle peu connue et peu pratiquée en France ?

Je pense que la situation française est superposable à celle rencontrée au Luxembourg : nécessité d’une expertise microchirurgicale, difficulté et longueur du geste, très mauvais remboursement des caisses qui est scandaleusement bas.

4/ Pour quelles raisons proposez-vous cette technique Ă  vos patientes ?

Après la souffrance d’une mastectomie, je propose toujours la Rolls Royce plutôt que la 2CV : on se doit de donner le meilleur directement, afin d’éviter le long parcours des échecs prothétiques, sources d’inconfort et de souffrances inutiles.

5/ Toute patiente peut-elle en bénéficier ?
Oui, les cicatrices de laparotomie ou de césarienne ne sont pas des contre-indications. L’obésité et la cigarette non plus.

6/ Quel est l’intérêt principal de cette méthode de reconstruction pour la patiente ?

On réalise une « silhouettoplastie » en supprimant un petit ventre et cela donne naissance à un sein souple, chaud, et d’évolution symétrique au sein opposé. De plus, aucun geste traumatique de prélèvement musculaire ne vient fonctionnellement, ni douloureusement, entraver la récupération postopératoire.

7/ Quels sont les principaux risques encourus par la patiente ?

La nécrose totale du lambeau (3% dans ma série de 350 cas), l’embolie pulmonaire (3 cas), le sérome abdominal et la nécrose cutanée sus-pubienne (rare).

8/ Quel est le taux de réussite immédiate ? À distance ?

3% d’échec total, 10% de liponécrose localisée nécessitant révision chirurgicale.

9/ Quelles sont les difficultés (techniques, financières…) que vous avez rencontrées au sein de l’établissement où vous exercez, quant à la pratique de cette technique du D.I.E.P. ?

Aucune.

10/ Enfin, que pensez-vous de l’utilité d’une association pour le D.I.E.P. ?

C’est à l’instar d’Europa Donna un excellent moyen de pression auprès des instances nationales de la Santé et un moyen de communication et de vulgarisationvers les médias généralistes.

Merci au Docteur Christian De Greef

Interview réalisée en octobre 2008.