10 questions au Professeur Marc CHAOUAT

 

Dix questions au Professeur Marc CHAOUAT

Paris

 

1/ Que pensez-vous de l’intérêt d’une reconstruction mammaire pour la patiente ?

La reconstruction mammaire est dans la grande majorité des cas une étape indispensable qui restaure l’image du corps après un cancer. Elle permet de tourner une page et de voir l’avenir sans pour autant oublier le passé.

2/ Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette méthode de reconstruction qu’est le D.I.E.P.? Depuis quand pratiquez-vous le D.I.E.P. ?

C’est une technique permettant une reconstruction sans prothèse et donc plus naturelle. Elle enlève un excédent sur une zone parfois disgracieuse pour un sein avec peu de séquelles. Je la pratique depuis 2 ans ½.

3/ Pourquoi cette méthode est-elle peu connue et peu pratiquée en France ?

Cette technique est connue mais nécessite une compétence en microchirurgie, un temps opératoire plus long que les autres techniques, et un environnement de surveillance et de soins important. C’est ce qui limite sa diffusion.

4/ Pour quelles raisons proposez-vous cette technique Ă  vos patientes ?

Je propose cette technique dans certains cas quand le ventre est en excédent, les autres techniques vouées à un résultat moins bon et la patiente prête pour cette chirurgie un peu plus lourde.

5/ Toute patiente peut-elle en bénéficier ?

Non car il y a parfois des contre-indications, des mauvaises indications et des indications Ă  mettre en balance avec les autres techniques.

6/ Quel est l’intérêt principal de cette méthode de reconstruction pour la patiente ?

Le principal intérêt est d’avoir un sein plus naturel constitué uniquement de sa propre graisse et donc avec un meilleur naturel et sans les inconvénients des prothèses.

7/ Quels sont les principaux risques encourus par la patiente ?

Risques généraux dus à la longueur de l’opération tels la phlébite ou l’embolie pulmonaire (risque existant également pour d’autres techniques) et le risque de nécrose partielle ou totale du lambeau dans 5 à 10% des cas s’il y a une occlusion des vaisseaux.

8/ Quel est le taux de réussite immédiate ? À distance ?

Taux de réussite de l’ordre de 90 à 95%. Le taux de satisfaction à distance est très bon en général mais difficile à évaluer précisément encore car le recul est faible.

9/ Quelles sont les difficultés (techniques, financières…) que vous avez rencontrées au sein de l’établissement où vous exercez, quant à la pratique de cette technique du D.I.E.P. ?

Dans notre établissement hospitalier il n’y a pas de difficultés pour réaliser cette intervention. C’est simplement un problème d’organisation du bloc opératoire pour bloquer une salle opératoire pour la patiente pour la journée.

10/ Enfin, que pensez-vous de l’utilité d’une association pour le D.I.E.P. ?

Je pense que c’est utile pour faire connaître aux patientes cette possibilité et mettre en relation chirurgiens qui la pratiquent et patients. Le chirurgien, par la suite, pourra, après avoir examiné la patiente et en avoir discuté avec elle, poser ou pas cette indication chirurgicale.

Merci au Docteur Chaouat,
Interview réalisée en novembre 2008.