Geneviève enseigne toujours le karate après son DIEP en 2017

 

Infirmière DE de profession (15 ans en oncologie) et karatéka par passion, j’ai eu un cancer du sein en juillet 2010.

    - Diagnostic posé fin juillet 2010

    - Tumorectomie + curage axillaire début août 2010

    - Première chimiothérapie fin août 2010

    - début de la radiothérapie janvier 2011

    - puis hormonothérapie pendant 5 ans avec suivi annuel par mammographie et oncologue.

Malgré une fatigue intense et grâce à la présence de ma famille et à la force que j’avais acquise pendant les entrainements de karaté, j’ai vécu ce cancer comme une compétition de karaté où le cancer était l’adversaire que je devais mettre au tapis.

Pendant cette période d’inactivité professionnelle, j’ai réfléchi aux moyens à ma disposition de faire bénéficier les femmes atteintes d’un cancer de mon expérience. Mon mari et moi étant enseignant de karaté, j’ai pensé à l’ouverture d’une section karaté pour ces femmes au club ; la section a été ouverte en 2012.

Décembre 2016, mammographie de contrôle : récidive.

Une mastectomie est pratiquée en janvier 2017, je ne peux envisager de vivre ainsi mutilée. Je discute des possibilités de reconstruction envisageables avec le chirurgien gynécologue avant l’intervention : pas de reconstruction immédiate (ne se fait pas dans l’hôpital où je travaille), je ne veux pas de prothèse mammaire et ne veux pas arrêter la pratique ni l’enseignement du karaté donc DIEP envisagé.

Je me renseigne sur le site du CHU de ma région et celui de Pompidou et sur le site de l’association R.S. DIEP ; ma décision est prise, ce sera une reconstruction par DIEP. Le gynéco m’adresse au Pr L. en consultation à Pompidou.

Premier rendez-vous de consultation 6 mois après la mastectomie avec le Pr L. : réflexion pendant une dizaine de jour, puis programmation de l’intervention chirurgicale.

Je suis allée à une réunion d’information de l’association R.S. DIEP à Orléans où j’ai rencontré une équipe sympathique qui fournit des conseils adaptés et utiles.

 La première intervention a eu lieu courant octobre 2017. Pas de douleur, surveillance du lambeau sans problème, premier lever à J+2 avec douche (quel plaisir), drain de redon abdominal qui aspire plus longtemps que prévu ; une hospitalisation plus longue que prévue ; un retour à domicile avec des soins quotidiens et des consultations hebdomadaires dans le service pour surveillance et modification du protocole de soins si nécessaire.

Je n’avais pas encore un sein mais un volume et plus besoin de cette maudite prothèse externe.

La deuxième intervention en février 2018, en ambulatoire pour PAM et symétrisation.

Ablation du pansement à J+ 5 ; j’ai vu pour la première fois mon nouveau sein, mon sein. Les suites opératoires ont été simples.

Au cours des hospitalisations, j’ai rencontré des équipes compétentes, professionnelles et sympathiques.

Le combat mené pendant ce cancer n’a pas toujours été facile car j’ai dû passer du statut de soignant à celui de soignée.

Je suis très contente d’avoir choisi cette méthode de reconstruction malgré la lourdeur du protocole.

A ce jour, j’ai repris le travail et les entrainements de karaté.

Je suis très contente du résultat de la chirurgie car j’ai retrouvé ma féminité et la vie continue avec de nouveaux projets et notamment celui d’aider les femmes de ma région avec l’association R.S. DIEP.

Geneviève, 1 mai 2018.