Pour ChC le DIEP lui a permis de retrouver la poitrine de ses 50 ans 25 ans après

  

Janvier  et février 1995 (49 ans), diagnostiquée pour une tumeur mammaire gauche avec carcinome canalaire infiltrant, je subis 2 interventions, à la suite desquelles je me retrouve sans sein. En novembre 1995 pose d’une prothèse remplie au sérum physiologique  (les prothèses silicone sont interdites en France suite à des problèmes de fuites aux USA)

Je vis 15 ans « tranquille » sauf que je ne suis pas satisfaite du résultat, la prothèse me fait très mal au bras, elle est dure, elle est placée beaucoup trop haut, elle est très inesthétique et m’oblige à porter des sous-vêtements spécifiques, souvent onéreux,  qui ne correspondent pas à mes besoins.

En 2010 je reprends ma quête de solutions de reconstruction, mais aucune ne trouve grâce à mes yeux, pas même « le grand dorsal »  La même année on me diagnostique une récidive avec métastases hépatiques.

Prise en charge par les « spécialistes » de la clinique St Jean de Dieu à Paris, c’est grâce à eux, que « je m’en sors une nouvelle fois ». Après 5 ans de traitement et la stabilisation de la maladie je pense de nouveau à la reconstruction.

Je « récupère », à la clinique Oréliance,  un flyer qui explique ce qu’est le DIEP et donne les coordonnées de l’association RS DIEP d’Orléans/St-Jean-le-Blanc.

L’association organise des réunions et invite des chirurgiens spécialistes de la reconstruction mammaire. Au cours de l’une de ces réunions un chirurgien de l’Hôpital Européen G. Pompidou nous a exposé, de façon très complète, les différentes techniques de reconstruction.

En sortant ma décision est prise, j’ai enfin trouvé la méthode qui me convient. Je ferai une reconstruction par lambeau DIEP.

Pour compléter mes informations je participe à plusieurs réunions de l’association.

Lors de ces réunions, toujours très conviviales, les bénévoles et les participantes nous donnent des renseignements complémentaires sur les différentes techniques et nous font part de leurs expériences, bonnes ou mauvaises, ce qui nous permet de nous décider ou pas en toute objectivité.

Janvier 2016 1er rendez-vous à l’HEGP avec le professeur, très expérimenté, qui réalisera l’intervention.

10 Octobre 2016 c’est le grand jour… j’arrive à l’HEGP un peu comme si j’allais en vacances

J’ai une confiance totale dans le chirurgien. Mon oncologue m’a dit : « c’est le meilleur »

L’intervention est réussie et au bout de 3 jours j’ai retrouvé le sourire, les complications dues à des soucis médicaux banals « que j’avais apportés avec moi » sont également traités.

Je reste 2 semaines à l’HEGP : les premiers jours sont un peu difficiles, ça fait mal, ça tire, il faut marcher courbée, enfiler les collants anti-thrombose, mettre la gaine (le plus serré possible), dormir sur le dos et promener « les redons jusqu’à ce qu’ils ne donnent plus » etc… et, ensuite, faire les pansements à la maison jusqu’à la cicatrisation complète, masser les cicatrices pour qu’elles n’adhèrent pas etc… bien sûr j’aimerai que tout ça aille plus vite mais le résultat apparait doucement et il est déjà satisfaisant.

Avant même la symétrisation, je porte des sous-vêtements et des maillots de bain normaux, des décolletés ronds et même un peu profonds, mes 2 seins sont à la même hauteur et surtout je n’ai plus de douleur.

L’image de ma poitrine nue, renvoyée par mon miroir, me rend heureuse, et même mon mari, qui n’était pas vraiment partant pour l’intervention, trouve le résultat très réussi.

Février 2017 nouvelle suspicion de récidive, osseuse cette fois, confirmée en octobre; j’attends que le nouveau traitement donne de bons résultats avant de terminer le périple.

Mai 2018, la symétrisation n’est toujours pas faite…. La ferai-je … ? ...Oui certainement.

Il y a encore une petite différence de volume entre mes 2 seins, que je suis la seule à voir, mais ce qui me manque le plus maintenant, c’est l’aréole et le mamelon, puisque les cicatrices sur mon sein et mon ventre ont presque disparues.

23 ans pour retrouver la poitrine de « mes 50 ans » c’est très long et parfois très douloureux, avec des moments difficiles, surtout qu’il y a toujours en arrière-plan le spectre de la récidive, mais je me dis aussi que, grâce à toutes les avancées médicales, humaines et techniques, j’ai beaucoup de chance « d’être encore là » ce que nos mères et nos grands-mères, elles, n’avaient pas.

ChC Orléans  

Témoignage reçu en mai 2018