Pour Sandrine DIEP en septembre 2017 et un parcours difficile

 

 

Sandrine (Grenoble)

Année de la reconstruction : 2017 DIEP en reconstruction immédiate

Nombre d’interventions : 3 (09/2017-11/2017-) à venir 06/2018 pour la symétrie

R.S. DIEP : Le chirurgien que vous avez consulté vous va-t-il immédiatement proposé la technique de reconstruction par  DIEP ?

Sandrine : Le chirurgien m’a proposé d’emblée la technique par DIEP ainsi que celle par le grand dorsal. Il m’a remis différents documents à lire pour m’aider à choisir. Ce médecin m’a ensuite orienté vers le chirurgien spécialisé en chirurgie plastique. Ils étaient présents tous les 2 pour l’intervention, le premier pour l’ablation, le second pour la reconstruction.

R.S. DIEP : Quelles sont les raisons qui ont motivé votre choix du DIEP ?

Sandrine : J’ai eu un cancer du sein gauche, étant gauchère, je voulais garder toutes mes capacités de mon bras gauche.

La peau de mon ventre me semblait correspondre Ă  la peau de mon sein

J’ai échangé avec une amie opérée par grand dorsal sur ses difficultés, ses sensations 

J’ai été en relation avec une bénévole de votre association qui a pu répondre à mes questions.

RS DIEP : Avant l’intervention, la reconstruction par DIEP vous paraissait-elle être une intervention lourde ?

Sandrine : Les 2 chirurgiens m’avaient expliqué toutes les étapes de l’intervention, ils m’avaient aussi annoncé la durée de l’intervention, alors oui, cette reconstruction me paraissait une intervention lourde. Ce qui fut le plus difficile pour moi, furent les 4 jours d’immobilisation complète après l’intervention. Je le savais que j’allais de voir rester allongée mais je n’avais jamais vécu cette immobilité totale. Ma douleur physique a été très bien prise en charge : pompe à morphine puis paracétamol et j’ai pu très vite arrêter les antidouleurs. J’ai porté un appareil VAC-thérapie pendant 1 mois nuit et jour. Ce n’était pas toujours simple de vivre au quotidien avec les aléas qui vont avec (panne, douche que le jour du changement de pansement)

Explications : J’ai eu un long parcours difficile qui a nécessité une greffe de peau avec VAC-thérapie puis une seconde greffe de peau en pastille (novembre 2017), ce fut très éprouvant physiquement et psychiquement.

RS DIEP : Quels sont les problèmes physiques que vous avez rencontrés au cours de votre rétablissement ?

Sandrine : J’ai eu un hématome 10 jours après la reconstruction qui a nécessité une nouvelle intervention. Pendant environ un mois et demi, j’ai senti des raideurs et une petite gêne au niveau du sein reconstruit  et sous l’aisselle gauche mais les séances de kiné m’ont bien soulagé ensuite. J’ai ressenti de la fatigue qui reste encore présente et des sensations inconfortables pendant quelques temps au niveau de la cicatrice du ventre.

RS DIEP : Combien de temps vous va-t-il fallu après l’intervention pour retrouver une vie normale ? Faire su sport ?

Sandrine : Je réponds à cette interview alors que l’intervention de reconstruction a eu lieu il y a 3 mois et demi. J’ai retrouvé l’utilisation de mon bras gauche, le sein reconstruit est cicatrisé, il faut maintenant laisser du temps pour que l’état de la cicatrice s’améliore. Je n’ai pas de douleurs mais toujours de la fatigue. Je dois encore faire un travail psychologique pour l’acceptation de mon corps modifié. Je n’ai pas repris le sport (course à pied), je marche mais je me fatigue et j’ai des douleurs au ventre au bout d’une heure. Je suis encore en arrêt de travail à l’heure actuelle. 

RS DIEP : A quel niveau se situe la cicatrice du ventre ?

Sandrine : La cicatrice va d’une hanche à l’autre, au-dessus du pubis. Elle ne se voit pas sous mon sou-vêtement.

RS DIEP : Depuis combien de temps avez-vous eu votre reconstruction mammaire ? Quelles sont les évolutions du sein « dieppé » que vous avez constatées depuis ?

Sandrine : La reconstruction date de 3 mois et demi. Le sein « dieppé » a mis du temps à cicatriser du fait du traitement par Vac-thérapie et des 2 greffes de peau. Mon sein est maintenant fermé. La cicatrice est rose-rouge avec un aspect pas encore lisse. Je commence des séances de massages des 2 cicatrices avec la kiné.

RS DIEP : Le sein « dieppé » était-il très différent du sein opposé ? La taille et la forme sont-elles identiques ? Comment avez-vous abordé la dissymétrie des 2 seins en attendant l’intervention de symétrisation ?

Sandrine : Le sein « dieppé » a un volume un peu différent du sein opposé. J’ai une forte poitrine 100F. Le chirurgien a pu recomposer un beau volume à gauche mais tout de même pas identique à celui du sein droit. J’ai l’impression d’une différence flagrante entre les 2 seins, mais mon entourage me dit que cela ne se voit que si j’en parle.

L’opération pour la symétrie aura lieu en juin 2018. Pour l’instant mes 2 seins ne sont pas identiques. Et franchement, je ne pense pas que même après l’intervention de symétrie, ils seront complètement identiques.

RS DIEP : Avez-vous retrouver de la sensibilité dans le sein « dieppé ? Et dans la zone de l’aréole et du mamelon ?

Sandrine : Je n’ai pas de sensibilité dans le sein « dieppé ». Je n’ai plus d’aréole et de mamelon, ils avaient été conservés après l’intervention, mais suite à l’hématome, le chirurgien a du me les enlever d’où une importante zone de cicatrisation.

Sandrine : Ce qui m’a le plus convenu :

  • pas de sĂ©quelles sur mon bras gauche
  • pas de cicatrice dans le dos
  • l’utilisation de la peau et la graisse de mon ventre qui me paraissaient ĂŞtre plus en adĂ©quation, en ressemblance avec la peau de mes seins
  • peu de douleurs

Ce qui m’a le moins convenu fut la période d’immobilité juste après l’intervention.

RS DIEP : Avez-vous des séquelles en rapport avec cette intervention ?

Sandrine : Je n’ai pas encore repris mon activité professionnelle ou le sport mais ce n’est pas lié à des séquelles mais à la fatigue et aux traitements complémentaires.

RS DIEP : Etes-vous satisfaites de votre reconstruction mammaire lorsque vous êtes habillée, en maillot de bain et déshabillée ?

Sandrine : Ma reconstruction n’est pas complètement terminée pour moi mais je suis contente que la reconstruction m’ait permis de garder un beau volume sur mon sein opéré.  Il me faut encore du temps pour intégrer les cicatrices et ce n’est pas simple de me déshabiller.

RS DIEP : Vous avez pu avoir une reconstruction immédiate, qu’elle a été votre réaction face à votre nouvelle image corporelle ?

Sandrine : La reconstruction a eu lieu en même temps que l’ablation. Donc, je n’ai pas connu mon corps avec un sein manquant. J’avais très peur de me retrouver sans sein à gauche, donc me retrouver avec un sein reconstruit m’a fait du bien. J’ai encore besoin de temps pour me familiariser avec mes cicatrices.

RS DIEP : Votre reconstruction mammaire est-elle conforme à vos espérances et pensez-vous que vous choisiriez à nouveau cette technique aujourd’hui ?

Sandrine : Oui, je choisirai à nouveau cette technique, j’apprécie le volume reconstitué, le décolleté que j’ai. Pour le moment, ma cicatrice est récente et ne ressemble pas à une peau « normale ». Je pense qu’avec le temps, le massage du kiné, cette nouvelle peau va se transformer.

RS DIEP : Sandrine, nous vous remercions pour ce témoignage. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Sandrine : Je vous remercie pour les informations disponibles sur le site www.diep-asso.fr et pour votre disponibilité. Je recommande la technique de reconstruction par DIEP. Je pense que dans les services où elle est proposée, l’équipe médicale et paramédicale doit être vigilante à l’accompagnement psychologique des patientes. Les premiers jours, l’équipe était centrée sur le lambeau qui était examiné très souvent. J’ai eu l’impression d’être ramenée à ce lambeau et que mon ressenti n’était pas beaucoup pris en compte. Et en même temps, je reconnais la qualité du travail de reconstruction.

Sandrine

Mars 2018