Pour Val, le DIEP une renaissance

 

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En mai 2013, l'annonce par mon médecin traitant d'un cancer du sein m'assommait, je voulais que cette chose sorte de moi immédiatement. De plus, l'annonce de la maladie aux proches a été difficile, les personnes autour de moi étaient encore plus effondrées que moi ou faisaient comme si de rien était, pas forcément facile à gérer. Un premier rendez-vous avec un oncologue, des masses d'informations, complètement perdue, j'avais mis les deux pieds dans ce qui allait devenir mon quotidien pour de longs mois. Après une chimiothérapie non satisfaisante quant à la réduction de la tumeur, un mastectomie avec curage axillaire à laquelle je n'étais pas préparée, car bien sûr, on m'avait fait espérer que je pourrais garder mon sein, puis une radiothérapie avec des aller-retour quotidiens.
Je tiens à préciser que je suis également bipolaire et qu'avec cette épreuve, j'ai tenté de me supprimer. Les médecins dans toutes leurs compétences ne voient en générale que la maladie et j'étais identifiée pour la plupart seulement au cancer. Suite à ce parcours de soins incessants, je ne voulais absolument pas entendre parler de reconstruction mammaire, j'avais fait le deuil de mon sein et voulais sortir de ce parcours éprouvant, d’ailleurs je n'ai que très peu entendu parlé de reconstruction de la part du corps médical.
Puis deux ans après la fin des soins, comme si le hasard n'existait pas, je suis tombée sur une page Facebook s'appelant Association RS DIEP, sans réfléchir, je décidais de contacter Françoise via une adresse mail, qui me répondit dans la demi-heure et m'invitant à une permanence sur Saint-Jean-le-Blanc. Ce fut le commencement vers une reconstruction mammaire par la technique DIEP, car je ne voulais en aucun cas de prothèse et c'est pour cette raison que je ne m'étais pas intéressée à la reconstruction. J'ignorais qu'il existait des techniques d'auto-greffe. En effet, l'association m'a permis de connaître des femmes diéppées, je voyais leur joie, leurs sourires, à quel point leur vie était positivement différente grâce à la reconstruction, c'est la première chose qui m'a convaincue.
Première visite avec un chirurgien en vue d'une reconstruction, cette technique DIEP je la voulais absolument, le chirurgien me confirma cette possibilité, me conseilla de bien réfléchir, me donna une documentation sur différentes techniques notamment le grand dorsal, mais pour moi c'était le DIEP. Je continuais à aller aux réunions sur Saint-Jean-le-Blanc et à être émerveillée par ces femmes et leurs sourires, les cicatrices m'impressionnaient beaucoup, c'était ma seule réticence. Sur conseil de l'association je consultais un autre chirurgien car je ne me sentais pas très à l'aise avec le premier, le deuxième chirurgien savait exactement ce que je recherchais, je lui faisais entièrement confiance, tout était clair, et la date d'une intervention fut posée. Je fus opérer le 17 mars 2016, date à jamais dans ma mémoire, ce fut le jour de ma renaissance, tout c'est très bien passé tant sur l'opération que les suites opératoires.
J'étais tellement heureuse, il n'y avait pas de plus beau cadeau que ce sein, mon sein, ma chair. Plus tard, je profitais également du fait que mon ventre disgracieux avait disparu, tout ça sans grosses douleurs. Je dois dire que sans l'association, je n'aurai certainement pas franchi le pas, je me suis sentis soutenue, épaulée, guidée, accompagnée dans toutes mes démarches, lors de mon hospitalisation et après, un soutien plus que nécessaire, une reconnaissance également. Aujourd'hui j'apporte mon témoignage pour raconter mon expérience de la reconstruction par technique DIEP, mais aussi pour propager ce message d'espoir sur la reconstruction mammaire en général, cela m'a sauvé à tout point de vue. Aujourd'hui je me sens mieux qu'avant, j'ai pu tourner la page sur le cancer et plus encore je n'ai plus de traitement pour la bipolarité. Je renais.
TĂ©moignage de Val (47 ans) en juillet 2016