Prise en charge des femmes porteuses de mutations génétiques ou à haut risque de développer un cancer du sein

Quelle est la prise en charge proposée pour le risque de cancer du sein ?

Les femmes doivent avoir été informées des possibilités et de leurs conséquences (surveillance ou chirurgie préventive).

Il faut savoir que la surveillance permettra de détecter un cancer le plus tôt possible, pour une meilleure prise en charge en cas de survenance d’un cancer. La chirurgie permet de réduire considérablement le risque mais au prix de conséquences parfois difficiles à accepter.

Le choix des femmes est validé par une réunion de concertation pluridisciplinaire, éventuellement avec le soutien d'un psychologue au cours des différentes étapes (annonce, choix de la prise en charge, décision de chirurgie). 

La surveillance mammaire

Il est recommandé une surveillance clinique mammaire dès l’âge de 20 ans, deux fois par an.

Des examens radiologiques (mammographie, échographie et idéalement un examen par IRM en premier) doivent être pratiqués dès l’âge de 30 ans, une fois par an.

Cette surveillance sera mise en place sans limite d’âge.

La chirurgie préventive (chirurgie prophylactique)

C’est l’alternative à la surveillance pour les femmes qui trouvent ce dispositif contraignant et anxiogène. Son bénéfice est maximal si elle est réalisée avant 40 ans.

La décision de mastectomie prophylactique est validée dans le cadre d’une réunion de concertation pluridisciplinaire. Une consultation avec un psychologue est également proposée.

La mastectomie bilatérale ou controlatérale (si un sein a déjà été enlevé) est toujours proposée avec une reconstruction mammaire immédiate.

Il s’agit de retirer la totalité de la glande mammaire et de reconstruire le sein au cours de la même intervention.

En principe, l’étui cutané et l’aréole et le mamelon (PAM) sont conservés, le volume du sein est alors reconstitué avec une prothèse ou les propres tissus des femmes (dos, ventre, cuisse).

 Le choix du type de reconstruction mammaire se discute avec le chirurgien après que sa patiente ait été informée des différentes techniques.

Les bénéfices :

-          La mastectomie prophylactique réduit d’environ 95 % le risque de cancer du sein.

-          Les examens d’imagerie ne sont plus nécessaires. La palpation par un médecin une fois par an est recommandée.

Les risques et les conséquences :

-          Risques liés à l’anesthésie générale

-          Risque propres à chaque type de reconstruction mammaire

-          Cicatrices

-          Le sein reconstruit n’est pas un vrai sein

Quelle est la prise en charge proposée pour le risque de cancer de l’ovaire ?

La surveillance

A partir de l’âge de 35 ans, une échographie pelvienne est recommandée tous les ans. Mais cet examen n’étant pas complètement efficace, il est préférable lorsqu’il n’y a plus de projet parental, de recourir à la chirurgie : l’annexectomie bilatérale.

La chirurgie

L’annexectomie bilatérale consiste à enlever des deux côtés, les annexes de l'utérus (trompes et ovaires), elle est réalisée sous cœlioscopie.

Fiche d'information patiente sur la coelioscopie éditée par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF)

 file type icon cngof_info-coelioscopie.pdf

Elle est proposée autour de l'âge de 40 ans.

Les bénéfices :

-          Elle réduit le risque de cancer de 88 % car le cancer de l'ovaire est souvent détecté tardivement, à cause des symptômes peu spécifiques et de la faible efficacité des moyens de dépistage.

-          Elle permet également de réduire le risque de cancer du sein de 50%.

Les risques et les conséquences :

-          Risques liés à l’anesthésie générale

-          L’apparition des symptômes de ménopause

-          Perte du capital osseux

A noter que certaines équipes chirurgicales proposent de réaliser la mastectomie bilatérale avec reconstruction bilatérale des seins par la technique DIEP et l’annexectomie bilatérale au cours d’une seule intervention chirurgicale. Cette intervention réunit donc des chirurgiens gynécologues et chirurgiens plasticiens pour permettre une intervention sans séquelles sur le site donneur, pour la réalisation de la reconstruction par DIEP.

Hélène a choisi ce type d'intervention avec une reconstruction mammaire par DIEP

Lire son témoignage : ICI>>
 
Céline nous livre le témoignage de son parcours jusqu'à la décision de chirurgie préventive >>>ICI
 

Fiches d'information de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique Reconstrutrice et Esthétique) - Edition 2015

file type icon 33. Mastectomies prophylactiques pour haut risque mammaire.pdf

 

Rédigé par les membres de l'assoiation R.S. DIEP

Comité de lecture scientifique : Un Onco-généticien ; Professeur Laurent LANTIERI (chirurgien plasticien)

Sources :

- www.e-cancer.fr

- www.gustaveroussy.fr

- www.curie.fr

- www.has-sante.fr

- www.cngof.fr

Mai 2017