Reconstruction mammaire par PAP en 2015

J’ai bénéficié d’une reconstruction mammaire par PAP effectuée par l’équipe du P.  à l’hôpital G en juin 2015 et souhaite apporter mon témoignage pour mieux faire connaître cette technique.

En 2008, j’ai été opérée une première fois à l’hôpital I pour un cancer intra-canalaire ou « in situ » qui ne nécessitait ni chimiothérapie, ni traitement hormonal, un cancer peu grave m’avait-on dit. Cependant, suite à l’analyse de la tumeur, on m’indique qu’il faudra enlever le sein puisque les berges de la tumeur sont malsaines et qu’il est difficile de circonscrire la tumeur. Je refuse cette opération, persuadée que puisque ce cancer n’est pas grave, il n’est pas utile d’enlever le sein. Une seconde opération qui prélève un peu plus de glande mammaire est effectuée et là les résultants sont satisfaisants. Je poursuis ensuite par un traitement de radiothérapie et continue de me faire surveiller à l’hôpital I.

Six ans après, fin 2014, on diagnostique une récidive toujours dans le même sein. Là, je ne discute plus, on doit m’enlever le sein. Se pose la question de la reconstruction. On me propose le DIEP sous réserve que les perforantes soient bonnes ce qui doit être vérifié par un scanner abdominal dont les résultats, par la suite, s'avéreront négatifs. Entre temps j’apprends l’existence de l’association R.S. DIEP et me rend à l’une de leurs réunions d’information organisée à l’hôpital G.  L’intervenante m’invite à prendre RDV pour avoir un second avis.

Le chirurgien de l’hôpital I m’indique que je ne peux pas bénéficier du DIEP en raison de la mauvaise qualité de mes perforantes. Je ne souhaite pas avoir de prothèses externe compte tenu d’une fiabilité moindre. Le PAP n’est, pour lui, pas possible en raison d’un manque de chair de mes deux cuisses. Il me propose une reconstruction avec prothèse « enveloppée » avec un morceau du muscle du grand dorsal.

Je prends, parallèlement, l’attache du Docteur H à l’hôpital G qui me confirme l’impossibilité de pratiquer un DIEP. Il me propose une reconstruction par PAP, m’assurant qu’il y a suffisamment de tissu pour procéder à une greffe.

J’accepte et suis opérée en juin 2015. Le chirurgien a procédé à deux prélèvements au niveau de la cuisse droite : un qui suit le pli de la fesse et l’autre qui est à l’intérieur de la cuisse. L’opération est réussie et les cicatrices sont peu visibles car cachées par leur situation dans les cuisses. Le sein reconstruit est loin d’être parfait mais il existe « tout seul » grâce à ma chair. La reconstruction n’est pas terminée et une intervention en ambulatoire en janvier prochain doit permettre de façonner le sein et de lui redonner son galbe grâce à la graisse de mon ventre, cette fois (par liposuccion) et même temps harmoniser la taille de l’autre sein.

Je souhaitais témoigner pour dire aux femmes qui sont dans cette situation de ne jamais se laisser imposer un choix. Nous n’avons pas choisi d’être malades mais nous avons le choix des méthodes réparatrices. Il faut se renseigner, interroger, vérifier. Je ne regrette pas mon premier choix, fait en 2008, de garder mon sein, même s’il y a eu récidive. J’ai « gagné » six ans et pendant ce temps là, la médecine a progressé et les solutions chirurgicales se sont développées. J’ai bien fait de consulter à l’hôpital G même si je garde tout mon estime et ma confiance à l’équipe de l’hôpital I où je continue de me faire suivre pour mon cancer. Il y a des talents et de l’attention dans la plupart des équipes médicales mais certaines d’entre elles sont simplement plus avancées que d’autres sur certains points et il ne faut pas hésiter à les rechercher pour en bénéficier.

Derniers conseils aux femmes qui vont se faire opérer : n’attendez pas de miracles au réveil et vous ne serez pas déçus. La reconstruction est lente, le corps n’est pas un objet, il faut en prendre soin et le considérer. Prenez le temps chaque jour et pendant un long moment de masser vos cicatrices  et votre sein reconstitué (les chirurgiens ne pensent pas à le dire) Soyez patientes et confiantes en l’avenir.

Je tiens à remercier l’association R.S. DIEP qui permet, par son engagement auprès des femmes et des équipes médicales, de mieux faire connaître toutes ces techniques et de favoriser le dialogue entre les malades et les soignants.

Isabelle – décembre 2015


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