TĂ©moignage de Christine DIEP tout en un en 2017

 

Christine 54 ans Ile de France

A 53 ans, pronostique d’un cancer du sein.

Après 2 interventions avec ablation des foyers tumoraux, l’unique solution de traitement est la mastectomie complète avec reconstruction immédiate, un peu sonnée par la nouvelle (j’avais beaucoup de scénarios en tête mais en aucun cas une mastectomie que je pensais d’un autre âge) j’acquiesce la proposition un peu sans réfléchir. Le climat de confiance dans lequel j’étais vis-à-vis du médecin et du service de l’ HEGP faisait que j’écoutais et ne me posait pas trop de question. Ma seule préoccupation était d’être débarrassée de la maladie.

Rapidement le RDV pour l’ablation et la reconstruction était enclenché et prise en charge par le service voisin toujours dans le même climat de confiance.

Le praticien rencontré m’explique clairement les modalités de l’intervention le suivi et les difficultés pouvant intervenir dans les heures qui suivent, avec l’hypothèse d’être réopérée en cas d’échec.

Toujours sereine, mon seul objectif était de ne plus avoir ce cancer en moi, l’esthétique était accessoire.

Arrive l’intervention, et au réveil ma première idée est : pourquoi ai-je acceptée, pourquoi avoir dit oui, je ne veux pas être opérée je ne veux pas me réveiller péniblement, ma seconde réflexion est je ne pouvais pas échapper à une opération donc profitons « du tout en un » puisque j’ai cette chance. Je ne souffre pas mais c’est assez inconfortable.

La semaine, avec les bottes de 7 lieux pour éviter les phlébites, les tuyaux, l’alitement ne sont pas ma tasse de thé.

Et le sein dans tout ça, surprise voilà que j’ai un nouvel œil à la place mais il y a du volume

Voilà pour moi le DIEP c’est d’abord ça, on a remplacé le sein pour un œil sur une colline.

Tout ce passe bien pour les suites opératoires cicatrisations pas de douleur plus de tumeurs et je m’habitue à l’œil.

Je profite des vacances, de la piscine et des bains de Budapest, Je prends mon temps pour la seconde étape de symétrisassion (5 mois) c’est toujours un œil mais plus petit et par contre l’autre sein qui commençait à piquer du nez se refait une jeunesse (chic alors !)

Et 6 mois plus tard finalisation avec greffe pour refaire le téton et l’aréole et là on retrouve une grande partie de sa féminité.

Je n’ai jamais pu exprimer ma joie de reconstruction car j’ai eu l’immense chance de pouvoir bénéficier de la reconstruction immédiate mais c’est étrange de se retrouver avec un corps modifié  et sans (je l’avoue) avoir conscience d’avoir été malade. Parce que pas de traitements lourds et invalidants.

Par contre j’ai eu la grande chance aussi de pouvoir exprimer cette non exaltation auprès du chirurgien qui m’a suivi. D’avoir des réponses claires et instructives sur la joie d’une reconstruction ultérieure qu’il est possible de ne pas avoir dans mon cas.

Je souhaite à beaucoup de femmes, partout en France, et ailleurs d’avoir cette chance, cette proposition de reconstruction (quand cela est possible) d’avoir cet accompagnement cette écoute cette réelle bienveillance, comme j’ai pu en bénéficier. Aujourd’hui je comprends mieux les bienfaits de la chirurgie reconstruction, plastique, esthétique.

Le Cancer reste, pour certaines d’entre nous, une mutilation, mais pas nécessairement une fatalité et je salue le travail des équipes médicales et de l’association RS DIEP pour le travail accompli et mes encouragements pour le travail qui reste à accomplir.

Juillet 2018