TĂ©moignage de D. en 2012

 

Elle voulait une reconstruction naturelle

L’annonce de mon cancer au sein a été un réel choc.

D’un seul coup, le monde s’est écroulé, je me suis sentie perdue (dans tous les sens du terme). J’étais anéantie, effondrée.
Puis dès la 1ère chimio, en voyant d’autres femmes plus avancées dans leurs traitements, j’ai voulu agir plutôt que subir. J’ai voulu me battre.
Pendant toute la durée du traitement, j’avais l’impression d’être sur un bateau avec une mer plus ou moins houleuse.
Mais coûte que coûte, je voulais rester le Capitaine !!
Chaque jour je me réjouissais de remporter des victoires.
Minimes soient-elles……mais c’était mes victoires (se maquiller, se faire belle même si le cœur n’y était pas…).
Mes Proches, mes Ami(e)s, et certain(es) Collègues m’ont encouragée dans ce combat, dans cette volonté à garder toujours le cap. Certes, il y a eu des moments de doute, de désespoir mais la force de se battre a toujours été présente, surtout pour la suite…
En effet, dans mon parcours, il était prévu une mastectomie après mes cures de chimio. Une grosse étape restait encore à passer.
La fin des chimio approchant, j’ai voulu aborder le sujet de la reconstruction immédiate avec mon oncologue. Elle m’a conseillée de faire dans un premier temps, le Deuil de mon sein.
J’avoue que sur le moment, je n’ai pas compris. Puis, ensuite, rien que d’y penser, cela me révoltait.
Je ne me voyais pas sous la douche à passer la main là où plus rien n’existerait et me dire « sois patiente, il faut d’abord passer par la phase de Deuil ». Pour moi c’était du domaine de l’inacceptable.
Je me suis donc documentée (livres, internet….etc.) sur les différentes techniques de reconstruction.
Pour chacune d’entre elles, j’ai pesé le pour et le contre avec ses avantages et ses inconvénients.
Je voulais avant tout quelque chose de naturel (donc pas de prothèse) sans pour autant sacrifier un muscle de mon corps. Je voulais un sein qui soit de moi : Qu’il grossisse si je grossis et inversement, et qu’il vieillisse comme chaque partie de mon corps.
Le DIEP répondait à tous ces critères.
Suite à mes recherches et contacts, j’ai rencontré un chirurgien spécialiste du DIEP afin de savoir si dans mon cas, le DIEP pouvait être envisageable. En sortant de son cabinet, ma décision était prise et la date d’intervention était fixée.
Mon oncologue était très mécontente d’apprendre que je dérogeais à son protocole et que je m’adressais à un autre établissement mais peu m’importait c’était mon corps, c’était mon sein, avec deuil ou pas deuil…
Mon premier réflexe, lorsque je me suis réveillée dans la salle de réveil, a été de porter ma main sur mon sein nouvellement reconstruit.
Je l’ai touché. Il était là.
J’étais peut être encore sous l’effet de l’anesthésie, mais j’étais heureuse.

Merci Ă  D., octobre 2012.