TĂ©moignage de E. en 2010

 

E se sent toujours aussi féminine après son DIEP en 2010

Pour commencer, voici un résumé de mon cursus médical afin que chaque lectrice puisse comprendre de quelle façon j’en suis arrivée au DIEP.

Ayant des antécédents de cancers du sein (mère, cousine), j’étais soumise à des mammographies et échographies régulières, ce qui a permis de détecter à un stade précoce, un carcinome canalaire infiltrant du sein gauche en 1996, à l’âge de 44 ans. Protocole : tumorectomie du nodule, curage axillaire, curiethérapie, radiothérapie, et six séances de chimiothérapie. En 2008, découverte d’un carcinome canalaire infiltrant au sein droit. Protocole : tumorectomie, radiothérapie. Juillet 2010 : j’apprends que j’ai une récidive du sein gauche, le même type de cancer que les deux premiers. Cette fois-ci je ne peux conserver mon sein, on doit en faire l’ablation, avec possibilité de reconstruction immédiate. Avec l’avis du chirurgien qui me suit depuis 1996 et après mûres réflexions, je décide de faire l’ablation du sein droit également, par prévention. Premier rendez–vous avec un chirurgien plasticien, celui-ci me propose deux méthodes pour la reconstruction : prise du grand dorsal ou « TRAM », mais il ne me parle pas du « DIEP ».
Deuxième rendez-vous, un second chirurgien me parle des différentes méthodes de reconstruction et surtout du DIEP, car j’ai tous les critères réunis pour cette technique. Le contact passe bien entre nous, il me conseille de prendre mon temps pour réfléchir et de me renseigner sur le site. J’y ai trouvé toutes les réponses dont j’avais besoin, je l’ai lu, relu, encore maintenant je m’y réfère. Je remercie toutes les personnes qui sont à l’origine de ce site.
J’ai été opérée d'un double DIEP début septembre 2010, en reconstruction mammaire immédiate, par d’excellents chirurgiens.
Je suis entrée à l’hôpital la veille de l’intervention qui a duré de nombreuses heures. A mon réveil, j’ai eu la sensation d’être une pieuvre aux multiples tentacules (perfusion, oxygène, sonde urinaire, cinq redons), en revanche je ne ressentais aucune douleur. J’avais une pompe à morphine que j’ai utilisée quelques fois par anticipation (la peur d’avoir mal). On a dû me transfuser car mon taux d’hémoglobine était trop bas. La surveillance était constante, surtout celle des lambeaux. De retour dans ma chambre, le personnel médical est resté très vigilant en rapport à cette surveillance. Je n’ai pas pu me lever pendant cinq jours, juste le droit de m’assoir sur le bord de mon lit pour la toilette et les repas. On m’a débranchée au fur et à mesure de l'amélioration de mon état de santé et le sixième jour, j’ai pu enfin prendre une douche, accompagnée de l’aide-soignante. Pendant l’hospitalisation, j’ai ressenti beaucoup d’inconfort pendant cinq jours entravée avec mes tentacules, mais aucune souffrance. Je suis rentrée à mon domicile le septième jour suivant l’intervention.
De retour chez moi, je me suis sentie très fatiguée, j’avais besoin de repos. Il m’a fallu deux semaines pour retrouver un peu plus de vitalité, de concentration, et l’envie de bouger. Après bientôt deux mois, j’ai repris mes activités domestiques, la marche (pas trop longue), la conduite. Bien sûr je me ménage et je fais attention de ne pas porter de charges lourdes, ni de soulever les bras. Je me sens un peu cartonnée avec mon nouveau corps mais il reprend de la souplesse petit à petit. Lorsque je me regarde dans la glace, je suis contente d’avoir pu bénéficier de cette méthode, je me sens toujours aussi féminine.
Depuis, à l’hôpital, sous l’encadrement du chirurgien, j’ai eu l’occasion de parler de mon expérience à des femmes qui sont en réflexion pour cette opération.

Merci à Ev pour son témoignage.
Ev., Oct 2010


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