Témoignage de F. après un Gracilis en 2011

Témoignage après un "Gracilis"

J'avais 45 ans lorsqu'en août 2010, on me diagnostique un cancer du sein, un "petit cancer" comme on me dit, un cancer intra-canalaire in situ.

Après l'effet de surprise, je me laisse porter par les événements, que faire d'autre ?

1ère tumorectomie en septembre 2010, 2ème tumorectomie en octobre 2010, insuffisante puisqu'on m'annonce que je dois subir une mastectomie.

L'oncologue souhaite vivement que je rencontre un plasticien avant la mastectomie car je pourrais bénéficier d'une reconstruction immédiate.

Je pense déjà à une reconstruction mammaire qui pour moi est une évidence. Je fais quelques recherches sur les différentes techniques pratiquées en France.

Je suis plutôt sportive et je ne voudrais pas subir de perte fonctionnelle, comme dans les opérations du « tram » ou du « grand-droit ». L'alternative proposée est la pose de prothèses mammaires.

Aucune de ces techniques ne me satisfait vraiment. Par le biais d’internet, je trouve le site de l'association du DIEP et je prends contact avec Christine. Cette technique me semble lourde, mais correspond à mes attentes, en plus j'ai la chance d’avoir d’un praticien près de chez moi, le Dr B. J'en parle avec l'oncologue qui l'a rencontré au cours d’une conférence, il m'encourage à poursuivre dans cette voie.

L'attente pour obtenir un rendez-vous est assez longue et mes questions sont nombreuses, j’ai accouché par césarienne, est-ce une  limite au DIEP ?

Si je ne pouvais pas bénéficier d’un DIEP, j'opterai pour une autre technique en reconstruction immédiate car la perspective de rester mutilée me terrifie.

Je rencontre un plasticien en novembre 2010, il m'annonce que si je ne veux pas de prothèses et que je souhaite continuer mon activité sportive comme aujourd'hui, je ne dois pas me faire reconstuire. Lorsque je lui parle du DIEP, il me conseille d'aller aux USA pour subir cette opération. Je quitte le cabinet effondrée.

Je ne suis pas décidée malgré les différentes pressions de mon entourage pour qui les prothèses seraient une solution "simple et rapide". J'ai besoin de temps pour y réfléchir, mais je n'en ai pas, je dois programmer la mastectomie.

Par le biais de l'association je réussis à contacter par mail le Dr B. qui prend la peine de me téléphoner avant ma mastectomie pour répondre à quelques unes de mes  interrogations et calmer mes angoisses.

Je subis une  mastectomie en décembre 2010. La chirurgie sera suffisante dans mon cas, aucun traitement complémentaire ne sera nécessaire.

En février 2011,  je consulte le Dr B. qui  me parle du DIEP et du Gracilis, une technique pratiquée en Allemagne depuis quelques années. Il s'agit, comme pour  le Diep, d'une greffe de lambeau libre, mais le lambeau prélevé se situe dans la face interne de la cuisse avec le muscle gracile, un adducteur de secours. Cette technique toute récente en France correspond bien à ma physionomie.

Le Dr B.  m’expose clairement la technique et ses risques (5% d'échec). Je n'hésite pas, je suis convaincue et nous convenons aussitôt d'une date pour l'opération qui  est programmée en août 2011. L'opération se  passe bien ainsi que le réveil. Pour ma part, les douleurs chirurgicales sont minimes. Je suis cependant surprise par la gêne importante occasionnée par le prélèvement du lambeau à la cuisse, surtout parce que je ne m’y attendais pas.

Mais je suis vraiment heureuse d'avoir un « volume », la 1ère étape vers mon «nouveau sein ».

La 2ème opération (le second temps) est prévue début décembre 2011,  le Dr B. va pratiquer quelques retouches pour symétriser les seins et les cuisses. Tout se passe bien, je n’ai pas de douleur ni de gêne trop importantes, c'est une intervention bien plus légère que la précédente.

En  février 2012 l’équipe spécialisée d’infirmières du CHU réalise le tatouage de l'aréole, elles sont de très bons conseils pour le choix des pigments et la dimension.

Je suis très satisfaite du résultat, même si le Dr B. pense pouvoir encore améliorer la symétrie. La suite est prévue en septembre 2012, en attendant je m’accorde une petite pause.

Malgré mes doutes, mes interrogations, mes angoisses, je me félicite d'avoir fait confiance au Dr B. et à toute son équipe. Il a su être très à l'écoute de mes attentes et il a mis toutes ses compétences à mon service, le tout avec beaucoup d'humanité.

Ma reconstruction est médicalement et esthétiquement une réussite, cependant ce ne sera jamais mon sein.

Mon cancer a aussi laissé des traces dans ma tête et dans mon coeur, mais je suis heureuse d'être « entière », ce n'est que du bonheur !" 

F. 2012