TĂ©moignage de I. en 2009

Témoignage après un lambeau fessier

Vous trouverez ci-après le récit d'intervention d'une femme reconstruite par la technique utilisant un lambeau prélevé sur la fesse (IGAP / SGAP).

J’ai 37 ans au mois d’octobre, cette année, et il y a deux ans et demi de cela, j’ai appris que j’étais atteinte d’un cancer intracanalaire in situ, nécessitant une ablation totale du sein. En juillet 2007, j’ai donc subi une mammectomie du sein droit. Je devais avoir une reconstruction immédiate par lambeau dorsal. J’avais choisi cette reconstruction car, d’après le chirurgien, elle était moins douloureuse et moins lourde que le DIEP. Je n’ai pas souhaité de reconstruction avec une prothèse parce que je ne voulais pas d’un sein figé, manquant totalement de naturel. Et surtout pourquoi avoir recours à des artifices alors que mon corps permettait de le faire ?

Malheureusement, je n’ai pu avoir ma reconstruction suite à l’ablation. En effet, les chirurgiens ont découvert lors de l’analyse de la pièce, un cancer micro infiltrant. J’ai donc dû passer par un traitement préventif : 4 séances de chimiothérapie suivies de 9 séances d’herceptine. Fin juin, je termine l’herceptine et envisage alors ma reconstruction. Cela fait un an que je l’attends.

Septembre 2008, je revois le chirurgien plasticien qui m’expose à nouveau les différentes méthodes de reconstruction et me propose une reconstruction par lambeau fessier. Cette dernière m’interpelle. A cette période, cette méthode n’était pas très utilisée. Celle-ci, tout comme le DIEP, nécessite une micro chirurgie. Elle me propose alors un rendez-vous avec un micro chirurgien pour le mois de décembre. Ma déception était immense car cela reportait d’autant ma reconstruction. J’ai donc eu le temps de réfléchir et j’ai tenté de trouver des infos sur cette nouvelle méthode. Pour être honnête, les informations concernant cette reconstruction sont maigres. Très peu de femmes ont eu recours à cette dernière. Mais, en ce qui me concerne, j’étais décidée, c’était celle qu’il me fallait, et ce, malgré l’absence d’infos claires.

Pourquoi celle-ci et non plus le lambeau dorsal ? Elle me semblait la plus appropriée à ma morphologie. Et oui, j’avais un excédent à ce niveau là. Ce prélèvement me permettait alors de le diminuer et d’obtenir un beau sein. Je ne voulais pas d’une grande cicatrice dans le dos, et je ne voulais pas non plus avoir de gène dans le dos. Je n’avais pas ce sentiment de gène avec le lambeau fessier. Par ailleurs, la cicatrice se trouverait dans le pli de la fesse, de ce fait, beaucoup moins visible.  Bref, c’était cette reconstruction et pas une autre.

J’ai dû attendre encore le mois de mars 2009 pour avoir mon opération. Je suis restée huit heures en salle d’opération et le lendemain matin, j’avais enfin un nouveau sein. Un vrai bonheur. Cela faisait quasiment deux ans que je l’espérais et je n’ai absolument pas été déçue du résultat. Malgré les cicatrices, sa forme son volume et sa souplesse sont une réelle réussite. Quant à ma fesse, la cicatrisation a été plus longue que celle du sein. La douleur, elle, s’est beaucoup plus faite ressentir une fois les fils retirés. Cependant, je n’ai pas souffert comme j’aurais pu le penser. Il est certain que, dès lors que je marchais un peu ou bien que je restais trop longtemps assise, cela me tirait, mais c’était tout à fait supportable. Pour autant, je ne suis pas d’une nature douillette, mais cela n’engage que moi bien évidemment.

Deux mois plus tard, j’ai repris mon activité professionnelle, la station assise m’était encore un peu pénible, mais très vite, elle s’est effacée. La cicatrice du prélèvement se trouve bien dans le pli de la fesse et elle ne se voit pas. D’ailleurs, si mon entourage ne savait pas ce qu’il m’était arrivée, il n’y a aucun signe visible d’une quelconque opération. Cette condition était pour moi essentielle. Aujourd’hui, je ne ressens quasiment plus de gène, de temps en temps  quelques tiraillements, mais tout à fait tolérables. Je peux rester assise un long moment sans que je sois indisposée, je peux marcher, faire du vélo, conduire sans que cela ne me pose de problème.

Avec le recul, je pense que le fait d’avoir dû suivre les traitements m’a, dans un premier temps, permis de vaincre la maladie, puis dans un second temps, m’a permis de pouvoir bénéficier de cette reconstruction, car comme me l’avait dit à l’époque mon chirurgien, il me reste encore un certain nombre d’années à vivre avec ma reconstruction et j’aurais été vraiment déçue de ne pouvoir l’avoir.

Finalement, que ce soit sur le plan physique ou psychologique, et tout en restant le plus objective possible, la première étape de ma reconstruction est très satisfaisante. La période la plus difficile, mais supportable, a été le mois qui a suivi l’intervention. Cependant, ce moment est vite oublié. Aujourd’hui, j’ai hâte de passer à la prochaine étape, celle de la greffe de la PAM*,  prévue pour début janvier 2010.

Merci Ă  I.

Septembre 2009

* PAM : Plaque Aréolo-Mamelonnaire

 


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