Témoignage d'I en 2014 après son DIEP en 2013

Reconstruction différée en mai 2013 (DIEP) puis PAM en avril 2014 (pas d'autre intervention nécessaire)

J'ai rencontré un premier chirurgien en novembre 2012 à l'hôpital d'Orléans, j'avais terminé la radiothérapie depuis 5 mois et je voulais des informations et explications sur la reconstruction par DIEP. Le chirurgien que j'ai consulté ne pratiquait pas cette technique et souhaitait m'opérer avec la technique du Grand Dorsal plus une prothèse. J'étais, selon ses dires, trop menue pour qu'un DIEP soit possible, la cicatrice du ventre serait trop haute.
Je suis ressortie très déçue.
Ce chirurgien ne m'a pas envoyé vers un autre chirurgien plus compétent dans la technique du DIEP, pour demander un autre avis.
Je suis rentrée chez moi et aussitôt, j'ai recherché sur Internet le nom d'un professeur célèbre pour la technique du DIEP afin de connaître son lieu d'exercice et j'ai tél pour obtenir un rendez vous dans son service de consultation, en secteur « public ». J'ai obtenu un rendez vous très rapidement, 2 semaines plus tard, avec le Dr H.

Lorsque j'ai appris mon cancer du sein en octobre 2011, le 1er numéro du magazine Rose paraissait. Il y avait un long article sur toutes les techniques de reconstruction. Dès que je l'ai lu, je savais que je voulais un DIEP parce que cela me semblait être le plus naturel, sans détourner un de mes muscles (alors que je suis plutôt très sportive) et que je trouvais fantastique de recréer un sein et de le rendre vivant juste avec des tissus et des vaisseaux de moi-même.
J'ai passé tout mon traitement, après la mastectomie à attendre et à espérer ce sein et c'est parce que je savais que j'allais le faire reconstruire que j'ai pu enchaîner toutes ces épreuves les unes après les autres. La prothèse en tissus m'était tellement insupportable au début que je préférais ne pas la mettre.

Je n'ai jamais vraiment réalisé avant l'intervention de ma reconstruction ce que je pourrais ressentir juste après ou comment je la vivrais. J'avais une totale confiance en mon chirurgien et en l'équipe qui allait me prendre en charge. Je n'ai pas eu non plus la chance de rencontrer physiquement des personnes l'ayant vécue pour me rassurer. Je ne voulais pas penser, j'étais déterminée à être reconstruite.
C'est pour cela que j'ai parfaitement bien vécu « l'avant » .
« L'après intervention » a été plus compliquée… J'ai passé toute la fin de journée et toute la nuit en réa chirurgicale parce que l'interne avait oublié de donner son accord pour que je remonte dans ma chambre : ça a été une nuit très difficile parce que je n'étais pas du tout dans un environnement propice au repos. J'avais souvent mal mais j'ai reçu toutes les doses d'analgésiques nécessaires.
Les premières 48h qui ont suivi ont été vraiment dures, j'étais très fatiguée et souvent douloureuse mais ensuite, dès le 3ème jour, je pouvais me lever, aller au fauteuil et je dormais moins dans la journée.
C'est vrai que c'est une lourde intervention mais pour moi, le résultat en a valu la peine et je suis vraiment heureuse d'avoir fait ce choix !!

Je suis rentrée chez moi au bout de 5 jours. Malgré la gêne abdominale, je me suis obligée à sortir marcher chaque jour un petit peu pour me rétablir plus vite. J'ai fait très attention à ne pas porter d'objets lourds et à bien laisser ma gaine en place tout le temps. Je n'ai souffert d'aucune complication.
J'ai revu le chirurgien 1 mois et demi environ après l'opération et il m'a dit que je pouvais reprendre la course à pied, ce que j'ai fait dès le lendemain !!! (à petite dose bien sûr!)
J'ai recommencé à me baigner lorsque j'ai pu retirer la gaine en journée et que la cicatrisation était terminée (soit environ 2 mois et demi après)
Ma cicatrice du ventre est assez haute, mon nombril a dû être recrée car le lambeau prélevé le contenait, j'ai donc une petite cicatrice autour du « nouveau » nombril. Si je le souhaite un jour, le chirurgien m'a proposé de redescendre ma cicatrice du ventre de 3 cm. Mais j'ai réussi à trouver cette année un bikini (très joli!!!) qui couvre la cicatrice donc ce ne sera pas forcément la peine …

Depuis avril dernier (3 mois) mon aréole et mon mamelon ont été reconstruits. Le résultat final est très beau et je suis très satisfaite. Tous les professionnels (médecins, chirurgiens, kiné …) qui le voient me disent que c'est vraiment du beau travail !!
Le sein reconstruit est resté blanc donc il y a une différence avec l'autre sein mais personne ne la voit sauf moi et mon ami ! Quand je porte un décolleté, la cicatrice du haut est un peu apparente mais cela ne me gêne pas.
Le volume, la forme et la symétrie par rapport à l'autre sein sont très satisfaisants, c'est très équilibré et c'est ce que je constate que je sois nue ou habillée.
Après l'intervention, il y avait une différence de hauteur : le sein reconstruit devait trouver sa place. Il est bien redescendu.

Je n'ai pas retrouvé de sensibilité sur l'ensemble du sein reconstruit pour le moment, il reste comme « endormi »…

Les seules séquelles que je présente suite à cette intervention sont des douleurs « nerveuses » ponctuelles qui surviennent parfois lorsque j'ai fait certains gestes d'étirement du bras droit .

D'un point de vue vestimentaire, il a fallu que je cherche un maillot de bain adapté pour les cicatrices du ventre et du sein mais c'est possible de trouver puisque je ne l'ai pas acheté dans un magasin spécialisé !!!
Quand aux soutiens gorge, il faut que je fasse attention Ă  bien les essayer avant de les acheter car mon sein reconstruit est un tout petit peu plus gros que mon autre sein.

Pour conclure, je n'ai vraiment réussi à mettre de distance avec la maladie que depuis la fin de ma reconstruction qui me satisfait pleinement. Je me retrouve à nouveau « entière » et très heureuse de l'image que j'ai retrouvée de moi-même.
Je ne pouvais pas imaginer un seul instant avoir une prothèse. Je n'aurais peut être pas pu être reconstruite sans le DIEP parce que je ne voulais pas non plus qu'on touche à mes muscles !!!
Pour toutes ces raisons, je referai exactement le mĂŞme choix aujourd'hui.

J'ajouterai que pour affiner et assouplir mes cicatrices, j'ai fait une cure Ă  La Roche Posay qui est un atout majeur Ă©galement sur le plan psychologique parce qu'elle apporte beaucoup de bien ĂŞtre.
Cette cure thermale est complètement prise en charge, seule la location reste à charge (moins une déduction de 150 euros, forfait attribué par la sécurité sociale) . J'y suis allée 3 mois après ma dernière intervention (la reconstruction de la plaque aréole mamelon).
Elle a été, pour toutes mes cicatrices (surtout la dernière), vraiment très bénéfique.

Merci à I pour son témoignage en septembre 2014


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